Sélection de ballets à voir en ligne pendant les fêtes (et après)

Casse Noisette Poupeney 2023

Cette année, les compagnies, de mèche avec Arte et France TV, mettent les petits plats dans les grands pour nous offrir une vaste sélection de ballets à voir gratuitement depuis chez soi pendant les fêtes, entre grands classiques et créations audacieuses, certains restant même disponibles en ligne jusqu’au printemps. Petit tout d’horizon de ce qu’il y a à se mettre sous la dent, avec pour commencer une série de classiques : un Casse-Noisette pour adultes, un pour enfants (mais pas seulement), et un Chant de Noël tout droit venu de Finlande.

Casse-Noisette à l’Opéra de Paris

Pour commencer, le Casse-Noisette de l’Opéra de Paris est en ligne sur le site culturebox de France TV. Ce n’est certes pas la plus joyeuse ni la plus colorée des versions, mais la musique de Tchaïkovsky, les pas de deux et la superbe valse de flocons sont immanquables. Dans cet enregistrement datant du mois de décembre, l’étoile Dorothée Gilbert, au sommet de son art, danse le rôle de Clara aux côtés du jeune et talentueux Guillaume Diop.

Le classique de Noël par excellence, à voir ici jusqu’au 19 juin.

Un chant de Noël à l’Opéra National de Finlande

Toujours dans l’esprit de Noël, Arte nous emmène en Finlande, où le ballet de l’Opéra National adapte sur scène l’histoire du vieux monsieur Scrooge visité par trois fantômes pendant la nuit de Noël – le conte qui avait déjà inspiré à Disney son film « le Noël de Mickey ». Le ballet a de faux airs de Casse-Noisette, les grands ensembles en moins.

Jusqu’au 21 mars sur le site d’Arte Concert, pour renouveler ses traditions de Noël.

Il était une fois Casse-Noisette, l’adaptation pour enfants de Karl Paquette

Karl Paquette, qui s’était déjà emparé du Lac des cygnes pour en faire un ballet simplifié destiné aux enfants (à voir ici jusqu’au 2 janvier), a ensuite revisité le classique de Noël pour un jeune public. Le résultat, présenté au Châtelet la saison dernière puis à Mogador cette année, est séduisant, et suffisamment solide sur le plan de la danse pour plaire aussi aux adultes.

Un spectacle de Noël à regarder ici en famille jusqu’au 25 septembre.

Au-delà de ces classiques, quelques créations sont également disponibles pour les esprits curieux : la Giselle revisitée du ballet de Bordeaux, la nouvelle Bovary de Christian Spuck, ou encore le Lac des cygnes sans pointes ni tutu de Johan Inger.

Giselle – modernisée – à l’Opéra de Bordeaux

Pour les fêtes cette année, le ballet de l’Opéra de Bordeaux a choisi de danser le grand classique qu’est Giselle. Mais si la chorégraphie d’origine a bien été conservée, la designer Matali Crasset s’est emparée des décors et des costumes dont elle propose une vision très épurée qui se veut ancrée dans notre époque. Une scénographie toute en luminosité qui n’est pas du goût de tout le monde, mais qu’il faut voir en mouvement pour se faire une opinion.

Ça tombe bien, l’Opéra de Bordeaux a rendu le ballet disponible sur sa chaîne youtube jusqu’au mois de juin.

Bovary de Christian Spuck à l’Opéra de Berlin

La littérature n’a pas fini d’inspirer les chorégraphes : après John Neumeier avec la Dame aux Camélias, John Cranko avec Eugène Oneguine, ou encore Cathy Marston avec Jane Eyre, c’est cette fois Christian Spuck qui, après avoir déjà adapté Anna Karénine en ballet, se penche sur l’oeuvre de Flaubert. Il signe un ballet sur Madame Bovary alliant geste classique et contemporain dans une des ambiances assez sobres et sombres dont il a l’habitude.

Une nouvelle création filmée en octobre dernier à l’Opéra de Berlin, à voir ici jusqu’au 17 janvier.

A Swan Lake de Johan Inger au Semperoper de Dresde

Nombreux sont les chorégraphes qui ont créé leur propre version du Lac des cygnes. Classiques pour beaucoup, plus contemporaines parfois, comme John Neumeier avec son déroutant Illusions of Swan Lake, ou plus récemment Angelin Preljocaj dont le Lac des cygnes, assez réussi, inscrit une gestuelle contemporaine dans une esthétique d’une froideur très moderne.

On retrouve un peu de cette atmosphère dans la nouvelle chorégraphie de Johan Inger, qui a de surcroît considérablement remodelé l’intrigue dans laquelle le prince joue désormais un rôle aussi central qu’ambigü.

Un ballet sombre et dépouillé, créé il y a à peine un mois, qui ne plaira sans doute pas aux puristes mais qui pour les autres est à voir ici jusqu’au 16 mars.

Giselle Matali Crasset
Giselle à l’Opéra de Bordeaux (photo Christophe Archambault)

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